Mesurer la concentration de poussière sur le lieu de travail
La pollution par la poussière dans les ateliers, les halls de production et les zones de stockage est générée, par exemple, lors des opérations de meulage, de perçage, de sciage, de transvasement, d'emballage ou de nettoyage. Les véhicules et les déplacements de matériel peuvent également remettre en suspension la poussière déposée.
La concentration en particules peut augmenter fortement puis redescendre en peu de temps. Une mesure ponctuelle ne reflète donc qu'une période limitée. Une surveillance continue de la poussière complète les mesures effectuées sur le lieu de travail en permettant de déterminer à quel moment les expositions surviennent, combien de temps elles durent et si elles se reproduisent régulièrement.
L'air-Q permet de mesurer et d'analyser en continu les concentrations de particules fines PM1, PM2,5 et PM10. Il est ainsi possible d'identifier les pics de concentration, les tendances en matière de pollution et les évolutions suite aux mesures mises en œuvre au sein de l'entreprise.
L'air-Q permet d'effectuer une surveillance indicative de la concentration en particules fines. Il ne remplace toutefois pas une mesure conforme aux normes sur le lieu de travail, car l'évaluation des valeurs limites d'exposition professionnelle nécessite la détermination des poussières de type A et E à l'aide de méthodes appropriées.
Pourquoi une surveillance continue est utile
L'exposition à la poussière dépend des activités, des machines, des matériaux et des conditions de ventilation. Une mesure ponctuelle peut s'avérer normale, alors que certaines étapes de travail donnent régulièrement lieu à des pics d'exposition élevés.
Les données de mesure en continu permettent de mettre en évidence :
- quand les concentrations de particules fines augmentent,
- combien de temps elles durent,
- si certains processus ou certaines activités en sont la cause,
- si les mesures de protection, telles que les systèmes d'aspiration ou la modification des processus, sont efficaces.
La surveillance ne remplace pas les mesures effectuées sur le lieu de travail, mais elle peut aider à identifier de manière plus ciblée les périodes et les zones suspectes afin de les soumettre à des analyses plus approfondies.
Les valeurs relatives aux poussières de type A, aux poussières de type E et aux particules (PM) ne sont pas comparables
En matière de sécurité au travail, on distingue la poussière inhalable (poussière de type E) et la poussière alvéolaire (poussière de type A). La poussière de type E comprend les particules pouvant être inhalées par la bouche et le nez, tandis que la poussière de type A peut pénétrer jusqu'aux alvéoles pulmonaires.
Les valeurs PM1, PM2,5 et PM10, couramment utilisées dans le cadre des mesures générales de la qualité de l'air, répondent à une définition différente. Elles ne doivent donc pas être assimilées aux poussières de type A ou E, ni être converties les unes en les autres.
Valeurs limites d'exposition à la poussière sur le lieu de travail
Pour les poussières difficilement solubles ou insolubles qui ne font pas l'objet d'autres réglementations, la norme TRGS 900 fixe les valeurs limites générales suivantes :
- 1,25 mg/m³ pour la fraction de poussières A respirables
- 10 mg/m³ pour la fraction inhalable des poussières E
Des exigences plus strictes peuvent s'appliquer aux poussières présentant des propriétés particulièrement nocives pour la santé, par exemple les poussières contenant du quartz, la poussière de bois ou des composants cancérigènes.
Une faible concentration en particules fines ne signifie donc pas automatiquement qu'il n'y a pas de risque.
Comment l'air-Q mesure-t-il les particules fines ?
Le capteur de particules fines de l'air-Q fonctionne selon un principe de mesure optique. Les particules aspirées diffusent la lumière vers un détecteur. À partir des signaux de mesure, on calcule la taille des particules ainsi que la concentration massique qui en découle pour les PM1, PM2,5 et PM10.
Ce procédé permet une surveillance rapide et continue de la charge en particules. Contrairement à une mesure gravimétrique, la masse de poussière n'est toutefois pas pesée directement.
Les valeurs mesurées peuvent être influencées par les propriétés des particules, telles que leur forme, leur densité ou leur couleur, ainsi que par une humidité élevée, des concentrations de poussière très élevées ou des dépôts dans le capteur. Dans le cas d'applications générant beaucoup de poussière, il convient donc de vérifier régulièrement la plage de mesure, l'état de l'appareil et son positionnement.
Un appareil de mesure de la qualité de l'air sert donc à signaler les variations de la concentration en particules fines, et non à évaluer de manière juridiquement contraignante l'exposition personnelle à la poussière.
Identifier les sources de poussière et les processus
L'avantage d'une surveillance continue réside dans le lien entre les valeurs mesurées et les processus opérationnels. Si les concentrations de particules fines augmentent régulièrement lors de certaines activités, il est plus facile d'en identifier les causes possibles.
Il est utile de consigner les éléments suivants :
- les activités générant de la poussière,
- les machines et les matériaux utilisés,
- Ventilation et aspiration,
- Travaux de nettoyage,
- Mouvements des véhicules et du matériel,
- Entretien ou pannes.
Les entreprises peuvent ainsi mieux comprendre à quel moment les émissions de poussière se produisent et quels sont les processus qui y sont liés.
Vérifier les mesures de protection
Lorsque les systèmes d'aspiration sont optimisés, que les machines sont encapsulées ou que les processus de travail sont modifiés, l'air-Q permet de visualiser les variations de la concentration en particules.
On peut notamment vérifier les points suivants :
- si les pics de poussière sont moins importants,
- si la durée de l'effort change,
- si les mesures sont efficaces même en cas de charge de travail plus importante.
Pour que les comparaisons soient pertinentes, les conditions de mesure, telles que la position de l'appareil, l'activité et le matériau, doivent rester aussi identiques que possible. Il appartient à un expert d'évaluer si une mesure de protection est conforme aux exigences de la législation relative aux substances dangereuses.
Domaines d'application typiques
La surveillance continue des particules fines à l'aide de l'air-Q est particulièrement adaptée aux zones où des particules sont régulièrement libérées ou remuées, par exemple :
- Ateliers et zones de production
- Halls de production et de montage
- Zones de stockage et de logistique
- Installations de remplissage et de conditionnement
- Ateliers de formation
- Secteurs liés à l'usinage des matériaux
- Postes de travail exposés à des substances sous forme de poudre
- Zones nécessitant des opérations de nettoyage fréquentes
Dans les halls de grande taille ou à usage mixte, un seul point de mesure ne suffit pas à couvrir toutes les zones. L'utilisation de plusieurs appareils peut permettre d'identifier les différences spatiales et les voies de propagation possibles.
Exploiter les données en continu dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail
L'air-Q complète les mesures professionnelles effectuées sur le lieu de travail en offrant un aperçu continu de l'évolution dans le temps de la concentration en particules.
Les entreprises peuvent ainsi :
- Détecter les épisodes de poussière,
- Identifier les sources de stress,
- suivre des processus sur une longue période,
- Comparer les mesures de protection,
- planifier de manière plus ciblée les examens complémentaires.
L'air-Q est donc un outil permettant de détecter précocement les changements et les anomalies, mais il ne s'agit pas d'un appareil de mesure des valeurs limites.
Conclusion
Les niveaux d'exposition à la poussière varient au quotidien en fonction de l'activité, du processus et de l'environnement. Les mesures ponctuelles sont importantes pour l'évaluation technique, mais ne reflètent qu'une période limitée.
L'air-Q permet de visualiser l'évolution dans le temps des concentrations de PM1, PM2,5 et PM10 et aide à identifier les pics de poussière, les tendances récurrentes et les changements observés à la suite de mesures prises.
L'air-Q ne peut pas se substituer à une mesure de la poussière de classe A ou E conforme aux normes ni à l'évaluation des valeurs limites d'exposition professionnelle. En tant que système de surveillance complémentaire, il permet toutefois de suivre l'évolution de la concentration en particules fines dans les zones de travail où la poussière est très présente.



